chanceler


chanceler

chanceler [ ʃɑ̃s(ə)le ] v. intr. <conjug. : 4>
• 1080; lat. cancellare « clore d'un treillis »; évolution de sens obsc.
1Vaciller sur sa base, pencher de côté et d'autre en menaçant de tomber. flageoler, tituber, trébucher, vaciller. Il chancelle comme un homme ivre. Chanceler de fatigue.
2Fig. Être menacé de ruine, de chute. « La France s'élève, chancelle, tombe, se relève, [...] reprend sa grandeur » (Valéry). trembler.
Être mal assuré. Son assurance, sa raison chancelle.
⊗ CONTR. Affermir (s'), dresser (se).

chanceler verbe intransitif (latin impérial cancellare, disposer en treillis) Vaciller sur ses pieds : Il chancelait comme s'il avait bu. Manquer d'équilibre, menacer de tomber : La pile de livres chancela. Manquer de solidité, de stabilité, de force, menacer de s'effondrer ou de s'altérer : Pouvoir, institution, autorité qui chancelle.chanceler (difficultés) verbe intransitif (latin impérial cancellare, disposer en treillis) Conjugaison Attention à l'alternance -ll-/-l- : il chancelle, nous chancelons ; il chancelait ; il chancela ; il chancellera. ● chanceler (homonymes) verbe intransitif (latin impérial cancellare, disposer en treillis)chanceler (synonymes) verbe intransitif (latin impérial cancellare, disposer en treillis) Vaciller sur ses pieds
Synonymes :
Manquer d'équilibre, menacer de tomber
Synonymes :
Manquer de solidité, de stabilité, de force, menacer de s'effondrer...
Synonymes :
- défaillir
- fléchir
- hésiter
Contraires :

chanceler
v. intr.
d1./d être peu ferme sur ses pieds, sur sa base; osciller, perdre l'équilibre. Chanceler comme un homme ivre.
d2./d Fig. être menacé de chute, de ruine. Un régime qui chancelle.
d3./d Fig. Hésiter.

⇒CHANCELER, verbe intrans.
A.— 1. [Le suj. désigne une pers., un animal, ou un de leurs attributs] Être peu ferme sur ses jambes (sur ses pattes) et menacer de tomber. Il chancelle comme un homme ivre (Ac. 1835-1932); il est près de tomber, il chancelle (Ac. 1835-1932); le coup le fit chanceler (Ac. 1835-1932). L'émotion faisait chanceler mes genoux (LATOUCHE, L'HÉRITIER, Dernières lettres de deux amans de Barcelone, 1821, p. 95). Sa démarche chancelle (VIGNY, Poèmes antiques et modernes, La Dryade, 1837, p. 125). Elle chancelait de fatigue et de chagrin (ZOLA, La Joie de vivre, 1884, p. 966) :
1. ... l'horrible bête [un ours] oscillait, chancelait, s'arrêtait l'espace d'un éclair et poussait un nouveau hurlement; ...
PONSON DU TERRAIL, Rocambole, t. 5, Les Exploits de Rocambole, 1859, p. 464.
2. [Le suj. désigne une chose] Trembler, menacer de s'écrouler :
2. ... les montagnes voisines ébranlées jusque dans leurs fondements chancellent, tombent quelquefois, en forment de nouvelles et de nouveaux ravins, ...
DUSAULX, Voyage à Barège, t. 1, 1796, p. 94.
B.— Au fig.
1. [Le suj. désigne une pers., une qualité ou un attribut de la pers. hum.] Manquer de fermeté, de volonté, de rigueur; hésiter.
[Le suj. désigne un aspect du comportement] Être mal affermi. Ma santé, tantôt meilleure et tantôt pire, chancelait encore au vent froid (Gide ds Lar. encyclop. et Lar. Lang. fr.).
Domaine moral, intellectuel. Il varie, il chancelle dans ses résolutions, dans sa foi, dans ses opinions (Ac. 1835-1932); sa vertu chancelle (Ac. 1835-1932); sa mémoire chancelle (Ac. 1835-1932). Je sens en moi chanceler ma raison! (LAMARTINE, Toussaint Louverture, 1850, V, 7, p. 1398). Olivier sentit chanceler son assurance (GIDE, Les Faux-monnayeurs, 1925, p. 1172) :
3. J'ai sans doute chancelé souvent, mais je ne suis point tombée, et la plus puissante excuse de mes fautes est dans la grandeur même des séductions qui m'ont environnée.
BALZAC, Le Lys dans la vallée, 1836, p. 322.
2. [Le suj. désigne une chose, partic. une instit.] S'affaiblir, se dégrader. Sa fortune chancelle (Ac. 1835-1932); un trône qui chancelle (Ac. 1835-1932) :
4. ... quand l'Europe est en feu, quand Paris est en rumeur, quand la propriété chancelle, quand le droit divin trébuche, (...) tout un quartier s'obstine à parfiler!
MUSSET, Le Temps, 1831, p. 55.
Prononc. et Orth. :[], (je) chancelle []. Ds Ac. 1694-1932. Fait partie des verbes qui doublent la consonne devant [] muet : je chancelle, je chancellerai, je chancellerais. Étymol. et Hist. 1100 canceler « vaciller » (Roland, éd. J. Bédier, 3608); 1130-60 chanceler (Cour. Louis, éd. E. Langlois, 1136); fig. 3e quart XIIIe s. [date ms.] (ALEX. DE PARIS, Alexandre, 193, 34 ds T.-L.). Du lat. impérial cancellare « disposer en forme de treillis », dér. de cancelli, -orum « grille, treillis » (chancel) spéc. en parlant des bras repliés, croisés, comparés au treillis d'un grillage (Pline ds TLL s.v.) d'où « chanceler », c'est-à-dire « se tenir, marcher les jambes mal assurées, repliées comme s'entrecroisant ». Fréq. abs. littér. :761. Fréq. rel. littér. : XIXe s. : a) 1 125, b) 1 428; XXe s. : a) 1 144, b) 820. Bbg. BRÜCH (J.). Nochmals zu frz. chanceler (wanken). Z. fr. Spr. Lit. 1933, t. 57, pp. 447-450.

chanceler [ʃɑ̃sle] v. intr. [CONJUG. appeler.]
ÉTYM. 1080; du lat. cancellare « clore d'un treillis »; évolution de sens obscure.
Littér. ou style soutenu.
1 Vaciller sur sa base, pencher de côté, et d'autre comme si on allait tomber. Branler, flageoler, flotter, tituber, trébucher, vaciller (cf. Affermir, cit. 2). || Il chancelle comme un homme ivre. || Chanceler de faiblesse. || La bête farouche chancelle. → Picador, cit. 1.
1 La bouche du juste profère la sagesse
et sa langue exprime la justice.
La loi de son Dieu est dans son cœur;
ses pas ne chancellent point.
Bible (Crampon), Psaumes, XXXVII, 30-31.
2 Il frissonne, il chancelle, il trébuche, il expire.
Corneille, Attila, V, 6.
2.1 (…) je chancelais, je perdais à tout moment l'équilibre; il s'extasiait à chacun de mes trébuchements (…)
Sade, Justine…, t. I, p. 42.
3 Dès le premier pas, le malheureux chancela et vint tomber sur la croupe de la bête qui fit tête-à-queue.
M. Barrès, la Colline inspirée, XIII, p. 209.
2 Par métaphore ou fig. Être menacé de ruine, de chute. || Le trône chancelle. Trembler.
Hésiter. || Sa mémoire, son assurance chancelle.
4 Le drame de Shakespeare marche avec une sorte de rythme éperdu; il est si vaste qu'il chancelle; il a et donne le vertige (…)
Hugo, William Shakespeare, II, I, V.
5 (…) la pensée de l'Allemagne chancelait et ne savait au juste où se fixer.
Jaurès, Hist. socialiste, t. V, la Révolution en Europe, p. 115.
6 La France s'élève, chancelle, tombe, se relève, se restreint, reprend sa grandeur, se déchire, se concentre, montrant tour à tour la fierté, la résignation, l'insouciance, l'ardeur, et se distinguant entre les nations par un caractère curieusement personnel.
Valéry, Regards sur le monde actuel, Images de la France, p. 116.
tableau Verbes exprimant une idée de mouvement.
CONTR. Affermir (s'), dresser (se), fixer (se), tenir (bon, ferme)…
DÉR. Chancelant, chancellement.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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